[Lecture] Que peut apporter la cartographie collaborative à nos systèmes de transport ?

Le Lab OuiShare x Chronos (Paris) propose deux fois par mois une lettre de veille "Le Kiosque" sur un sujet d'actualité sous la forme d'un éditorial engagé et illustré d'une revue de presse.
Publié sous licence Creative Commons, nous reproduisons ci-dessous l'article traitant de la relation entre la cartographie collaborative et le transport, ses réseaux urbains et les apports mutuels que l'on peut en tirer.

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Que peut apporter la cartographie collaborative à nos systèmes de transport ?

De nombreux projets de cartographie collaborative de réseaux de transport ont vu le jour dans des métropoles du Sud, ces trois dernières années : Digital Matatus à Nairobi, Transport For Cairo au Caire, Mapanica à Managua ou encore OKFN Burkina Faso à Ouagadougou. Malgré des contextes variés, un même problème se pose : comment naviguer dans ces immenses agglomérations en l’absence d’une cartographie du réseau de transport local, souvent composé en grande partie de minibus artisanaux qui ne sont pas contraints de respecter des arrêts officiels, des parcours fixes et des fréquences de passage ?
La cartographie collaborative constitue une solution pour pallier cette difficulté. Tout individu, muni de l’application adéquate et ayant reçu une courte formation sur son smartphone, est en mesure d’indiquer l’emplacement, ainsi que le nom des arrêts et de fournir des données de géolocalisation permettant d’estimer les fréquences et les parcours de chaque ligne.

Si ces initiatives ont fait la preuve de leur efficacité (chacune d’entre elles ayant permis de produire des plans de transport et même dans certains cas, des calculateurs d’itinéraires) dans ces grandes métropoles caractérisées par l’absence de données de transport centralisées et la prédominance de transports artisanaux, la cartographie collaborative a également des arguments à faire valoir en France et plus largement dans les pays occidentaux et pourrait devenir un modèle alternatif à celui de Google Maps ou Apple Maps, voire plus performant. En effet, une fois une masse critique de contributeurs atteinte, la cartographie collaborative présente de nombreux avantages puisqu'elle permet  :
  • Un enrichissement des cartes existantes via l’intégration de dimensions supplémentaires sur l'expérience de mobilité notamment (accessibilité des gares et des trottoirs, présence de climatisation dans les transports en commun, indication des lieux où le  risque d'agression et d'harcèlement sexuel est important...) ;
  • Une mise à jour plus fréquente des cartes et des données. Ceci est d’autant plus important si l’on souhaite bâtir des data-services (calculateurs d’itinéraires, information voyageur) puisque ces derniers requièrent des données "fraîches" ;
  • Une plus grande granularité (grâce notamment au référencement des cheminements cyclables et marchables) ;
  • Une plus grande adaptabilité aux contextes locaux (disponibilité de cartes utilisant les catégories de voies locales et et non celles américaines, comme cela été le cas avec la communauté de cartographes de Waze).
Néanmoins, les modèles économiques de ces projets se cherchent encore. Financés en grande partie par des subventions publiques et/ou privées, dépendants de la mobilisation des contributeurs (pour la plupart bénévoles) et se basant sur l’open data (ce qui les empêche de vendre des données), leur pérennité dans un marché dominé par des géants du net n’est pour l'instant pas assurée. Des modèles économiques multi-partenariaux impliquant tous les bénéficiaires de ces "communs numériques" (contributeurs, acteurs publics, startups, opérateurs de la mobilité) restent à inventer.

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Source Lab OuiShare x Chronos / illustration : Unsplash

Modéré par : Vincent Jay

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