Startup circulaire N°3 - « Notre pari ? Montrer qu’un modèle circulaire est rentable afin que toujours plus de monde s’y mette »

  • par Rédaction
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  • 2021-09-02 16:21:06
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  • Genie.ch
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Cet été, nous donnons la parole à trois jeunes entreprises. Créées en 2020, elles évoquent pour nous leur modèle d’affaires, leurs ambitions et difficultés. Elles ont en commun une campagne de crowdfunding ayant très bien performé, l’envie d’une économie différente et la volonté de montrer que le modèle circulaire peut s’adapter à tous les secteurs d’activités. Aujourd'hui, fin de notre série avec l'upcyclerie Serie K.

Serie K est une « upcyclerie », qui fait du neuf avec du vieux en revalorisant tous les matériaux de communication qui peuvent être cousus et en les transformant en objets durables. Lors de sa campagne de crowdfunding, l’entreprise a récolté plus de 10'000 CHF, soit 170% de la somme demandée. Interview avec les deux co-fondatrices, Anouk Keller et Marianne Skaff.

-D’où vous est venue l’idée de développer ce service / ce produit ?

Anouk Keller et Marianne Skaff. Anouk travaillait dans une association qui faisait de la réinsertion professionnelle grâce à la transformation de bâches par la couture (Creature). Marianne a fait son MBA à Genève sur Creature. Quand cette dernière a fermé en 2019, nous avons trouvé cela très dommage et avons lancé une entreprise en reprenant l’idée tout en changeant le modèle.

-En quoi votre service / produit se différencie-t-il de ceux de vos concurrents ?

A.K et M.S. Serie K se différencie de plusieurs manières. D’abord, nous ne nous restreignons pas aux bâches, mais revalorisons tous les matériaux de communication qui peuvent être cousus (drapeaux, linges, banderoles, etc.).

Ensuite, nous produisons à Genève, car même si cela coûte un peu plus cher, cela permet de revaloriser les métiers de la couture et les métiers artisanaux. Et nous croyons à la force du Swiss Made ! Nous faisons le pari de minimiser les transports, et de redonner du travail aux couturières et aux couturiers.

Nous voulons travailler en circuits courts et circulaires, en essayant de n’utiliser que des matières déjà produites et utilisées. Cela nous force à être créatives. Une grande partie de notre travail consiste à trouver des innovations de matériel pour éviter d’acheter du matériel neuf. Ainsi, pour la corde de sacs de gym, nous sommes allées récupérer des cordes dans un club de grimpe. Ou au lieu d’utiliser du néoprène pour les housses d’ordinateurs, nous utilisons des linges de bain. Mais toujours, et même si c’est de l’upcycling, nous voulons que nos objets soient très solides, qu’ils durent le plus longtemps possible et qu’ils soient beaux. Nous sommes très pointilleuses sur la qualité de nos objets.

Troisième différence : nous nous adressons en priorité aux entreprises et associations (B2B). Nos clients sont d’ailleurs aussi nos partenaires : nous encourageons les organisations à revaloriser leur matériel à usage unique. Ainsi, nos partenaires récupèrent des objets upcyclés qui proviennent de leurs anciens supports de communication. Cela dit, nous vendons aussi certaines collections au grand public (B2C), en particulier par le biais de la plateforme Clother, une start-up romande qui s’est lancée dans la vente de mode éco-responsable.

-Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ? Et qu’avez-vous mis en place pour y remédier ?

A.K et M.S. Outre les difficultés propres à toute start-up, nous devons donner beaucoup d’explications. D’une part en matière de couture, car chaque bâche, chaque support a ses spécificités, d’autre part pour montrer la valeur de la production réalisée. Mais quand on explique, les gens comprennent la valeur, et donc le prix, de ces produits entièrement réalisés de manière locale et respectueuse de l’environnement.

-Quels conseils à d’autres entrepreneur-euse-s qui voudraient lancer une société éco-responsable ?

A.K et M.S. Être très transparent, car il y a beaucoup de greenwashing et c’est ainsi qu’on montre qu’on est réellement éco-responsable. Quand on fait quelque chose en quoi on croit, il faut être authentique, dire ce qu’on peut et ce qu’on ne peut pas faire. Il faut également ne pas avoir peur de demander cher et de donner la valeur réelle de son travail, car produire localement a une vraie valeur.

-Pensez-vous qu’il est possible d'être rentable dans un modèle circulaire?

A.K et M.S. Oui, sinon nous ne ferions pas cela. Notre but est d’être rentable et de pouvoir nous payer un salaire. C’est notre pari : si on montre que c’est possible, de plus en plus de monde adoptera un tel modèle.

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