L’écologie industrielle à Genève

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L'économie genevoise est aujourd’hui prospère et performante. Malgré la prédominance des activités tertiaires, l’industrie et l’agriculture sont très présentes. Ce métabolisme économique comporte cependant une fragilité en raison de sa forte dépendance aux ressources importées due à l’exiguïté de son territoire.

Pour répondre aux défis qui en découlent, les acteurs économiques genevois ont développé plusieurs projets et initiatives visant à rendre l'économie du canton plus robuste, moins dépendante des énergies fossiles et plus respectueuse de l’environnement, en appliquant de manière récurrente le concept de l’écologie industrielle.

L'écologie industrielle a pour objectif de faire évoluer le système économique, non durable dans sa forme actuelle, pour le rendre viable à long terme et compatible avec le fonctionnement normal des écosystèmes naturels. En pratique, il s’agit notamment d’utiliser les ressources de manière beaucoup plus efficace. La notion d'écologie industrielle étant très large, elle apparaît parfois sous différentes appellations mais l'idée de base reste grosso modo la même. Plus de définitions dans le "Petit lexique de l'écologie industrielle".

Cette dynamique s’oriente vers la concrétisation de projets grâce à l’identification d’enjeux et d’opportunités spécifiquement genevois aboutissant à la mise en œuvre d’initiatives d’économie de ressources impliquant des acteurs publics et privés.

Genève est le premier canton suisse à avoir introduit l’écologie industrielle de manière explicite dans ses politiques publiques :

 

1996

Début de la réflexion sur un cadre institutionnel qui faciliterait les initiatives de gestion durable des ressources.

2001

Première inscription dans la loi de l’obligation de l’Etat à œuvrer en faveur du développement durable. Y est notamment stipulée la mise en place d’un groupe de travail, appelé Ecosite, avec pour objectif la mise en œuvre de l’écologie industrielle.

2002 - 2010

Ecosite travaille autour de l’identification des potentiels et de mise en œuvre d’activités d’écologie industrielle sur le territoire. Le groupe de travail réalise des études et des publications, met en œuvre des actions de communication et concrétise les premiers projets d’écologie industrielle (notamment avec EcomatGe).

2010 - 2012

inscription des principes de l’écologie industrielle dans la Loi cantonale sur l’énergie en 2010 et la Constitution genevoise en 2012.

Enjeux et opportunités

Quinze ans de dynamique autour de l’écologie industrielle à Genève ont conduit à l’identification d’enjeux et opportunités en lien avec le métabolisme des activités économiques genevoises et la gestion des ressources à Genève.

Plus d'innovation

Le potentiel d’innovation qu’offrent l’économie collaborative et les cleantechs est considérable. Les symbioses industrielles – ou au sens plus large les collaborations interentreprises – sont un levier pour développer une économie genevoise de demain qui produit mieux et avec une empreinte environnementale moindre.

 

Moins d'espace

Mieux valoriser l’espace de vie et de production au sein d’un territoire exigu : voici un défi majeur et très actuel qui invite à repenser les sites de production, à envisager plus de mixité logements-activités et secondaire-tertiaire, mais aussi à mutualiser les infrasctructures et les services. La récente révision de la loi du l’aménagement du territoire et le plan directeur cantonal 2030 vont clairement dans cette direction.

 

Des acteurs motivés

Le cadre institutionnel et légal en place soutient activement l’émergence de projets d’écologie industrielle. En vue de cette évolution, le tissu économique genevois peut s’appuyer sur des acteurs publics clés tels que la Fondations pour les terrains industriels (FTI), l’Office cantonal de l’énergie (OCEN), l’Office de Promotion des Industries et des Technologies (OPI) ou encore les Services industriels de Genève (SIG). En particulier, la stratégie écoParc actuellement déployée par la FTI constitue un catalyseur de collaborations interentreprises et de projets innovants dans les zones industrielles. Plus d'informations sur "Les acteurs de l'écosystème économique genevois".

 

Des ressources limitées

Comment augmenter l'éco-efficacité dans l’usage de nos précieuses ressources dont la disponibilité est limitée ? Genie.ch ambitionne de stimuler l'intelligence collective de ses membres pour répondre à cette question, notamment à propos des ressources clés suivantes:

  • Énergie : Importants enjeux énergétiques, avec un potentiel de valorisation des rejets de chaleur industrielle, des initiatives d’efficacité énergétique (économies d’énergie à la clé) et une volonté de développement des énergies renouvelables.

  • Matériaux de construction : Pénurie annoncée de matières premières dans le secteur des matériaux de construction (au rythme actuel d’extraction, les réserves des gravières genevoises seront épuisées dans une trentaine d’années) et engorgement des décharges par les déchets inertes et déblais à Genève.

  • Métaux : Très forte dépendance à l’importation de métaux et émergence du potentiel des mines urbaines, c’est à dire le gisement de métaux contenu dans nos bâtiments, nos infrastructures et même… nos décharges !

  • Aliments : Indépendance alimentaire faible, évaluée à 20% seulement en 2010, qui nécessite une promotion de la production locale auprès des consommateurs et un développement des circuits courts.

  • Eau : Nécessité d’une utilisation plus rationnelle de l’eau potable et attention à la qualité de l’eau. A Genève, près de 80 millions de m3 d’eaux usées sont traités chaque année, impliquant la mise en place et l’entretien d’une infrastructure conséquente et une dépense énergétique considérable.