Petit lexique de l'écologie industrielle

L’expression « écologie industrielle » intrigue, et mérite d'être clarifiée. Les deux termes ont ici un sens bien précis:

  • «Ecologie» fait référence à l’écologie scientifique, qui étudie les différents milieux où vivent les organismes vivants;
  • «Industriel» désigne, au sens large, l’ensemble des activités économiques dans la société technologique moderne.

Dans cette optique, la consommation des ménages, les services de santé, les télécommunications, l’informatique, la finance, le tourisme, les loisirs, etc., sont considérés comme des activités industrielles, au même titre que l’agriculture, l’extraction des matières premières, et la fabrication des produits.

L’écologie industrielle a pour objectif de faire évoluer le système économique, non durable dans sa forme actuelle, pour le rendre viable à long terme et compatible avec le fonctionnement normal des écosystèmes naturels. A cette fin, il semble logique de s’inspirer de la Biosphère (sans pour autant chercher à la copier servilement), puisque les écosystèmes naturels représentent le seul exemple connu à ce jour de système vivant hautement évolué et viable à long terme.

La notion d'écologie industrielle étant très large, elle apparaît parfois sous différentes appellations désignant tel ou tel aspect particulier (économie verte, économie circulaire, etc.), mais l'idée de base reste grosso modo la même.

Le métabolisme des activités économiques (on parle également de métabolisme industriel) est l'étude systématique des flux et des stocks de ressources nécessaires au fonctionnement de l'économie: eau, air, gravier, sable, pétrole, gaz, métaux, bois, aliments, etc. On peut étudier le métabolisme à différentes échelles: un ménage, un immeuble, une entreprise, un quartier, une ville (métabolisme urbain) ou un territoire (on parle alors de métabolisme territorial). L'étude du métabolisme utilise la méthodologie de l’analyse de flux de matière (en anglais Material Flow Analysis - MFA), qui évalue les quantités de ressources extraites, transformées, consommées, stockées et finalement relâchées dans l'environnement.

Les symbioses industrielles et territoriales constituent une application particulière de l'écologie industrielle.
A l'image des interactions constatées entre certaines espèces dans les écosystèmes naturels, les symbioses industrielles visent à susciter de nouvelles collaborations entre les différents acteurs économiques d'un territoire, dans une recherche collective de performance environnementale et économique. Les symbioses industrielles favorisent le développement de réseaux d’échanges collaboratifs ainsi que de gestion mutuelle des ressources naturelles et des déchets. Elles favorisent la réutilisation des matières premières, des produits et des déchets à l’échelle locale et régionale, en proposant de nouvelles manières d’organiser les activités économiques sur un territoire.

 

L’économie circulaire se focalise sur un autre principe de mise en œuvre de l'écologie industrielle: l'utilisation quasiment cyclique des flux de ressources. En s’inspirant du fonctionnement largement cyclique des écosystèmes naturels, elle vise à créer simultanément de la valeur économique, sociale et environnementale.

L’analyse de cycle de vie (ACV), ou écobilan, évalue les impacts environnementaux potentiels d’un produit ou d’un service, en considérant toutes les étapes de son cycle de vie : l'extraction et la transformation des ressources, la production, la distribution, l’usage et la fin de vie. Cette méthode normalisée (ISO 14040 à 14043) permet notamment d’identifier à quelles étapes du cycle de vie d'un produit se trouvent les principaux potentiels d’amélioration. Les ACV se trouvent généralement à la base des écolabels.

L’éco-design (ou éco-conception) est une procédure d’optimisation environnementale qui a pour objectif l’intégration de critères environnementaux dès la phase de design d’un produit. L'ACV est souvent utilisée dans les démarches d'éco-design.

L’éco-efficacité est un concept de management encourageant les acteurs économiques à rechercher des améliorations environnementales tout en augmentant simultanément la rentabilité économique d’un produit ou d’un service. Elle favorise ainsi l’innovation et donc la croissance et la compétitivité économiques.

Les cycles courts décrivent des systèmes économiques localisés, dont les activités de production, transformation, consommation et fin de vie se déroulent autant que possible dans une zone géographique restreinte. Cela permet de réduire les impacts environnementaux liés aux transports et de favoriser l’économie locale.

Le terme «Cleantechs» englobe les technologies, les produits, les processus et les services efficaces, permettant d'économiser l'énergie et les ressources. Elles englobent les énergies renouvelables, les matériaux recyclables, les techniques de traitement de l'eau, de l'air, et des déchets, etc.

L’économie verte met l'accent sur les enjeux de développement social, tout envisant à rendre les modes de production et de consommation moins gourmands en ressources. Elle soutient l’amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources. Son application en Suisse compte en priorité sur les efforts librement consentis par l'économie. Au plan global, une quarantaine de pays en développement disposent de plans stratégiques de mise en oeuvre de l'économie verte, sous l'égide des Nations Unies.




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